Portraits illustrés d'une ville-frontière
Tia Juana, la tante Jeanne, c'est le mythe d'une vieille au nez creux qui aurait ouvert un ranch à la frontière avec les Etats-Unis. Aujourd'hui, la Tia vend toujours son ersatz de Mexique à des brassées de visiteurs, tout en lorgnant avec envie sur le pays voisin, par-dessus les miradors...
Au bord du mur, comment vit-on ? Qui sont ceux qui décident de tout plaquer pour les promesses du Nord ? Tijuana n'est-elle que ce bout de désert mal famé que nous dépeignent les journaux ? L'occasion était trop belle et le mystère trop grand pour Gaby Bazin, qui a rempli son sac à dos de carnets et de crayons et a décidé d'aller voir la Tia de plus près. Un mois d'immersion dans la société tijuanense n'a pas suffi à assouvir sa soif mais il fût l'occasion de tester les vertus du dessin dans le voyage. Au gré des rencontres impromptues, les crayons s'agitent et les langues se délient, les curieux s'approchent et vous racontent leur histoire. C'est ainsi, éclectique et coloré, que se dessine un portrait de Tijuana. Entre routes défoncées, marchands de souvenirs, passeurs, migrants désoeuvrés, vendeurs ambulants et autres scènes frontalières, chronique illustrée d'une ville qui grouille, qui change et qui pousse fort sur la frontière. Gaby est aujourd'hui étudiante en arts à Paris, tout en prenant soin de partir de temps à autre aiguiser ses crayons à la réalité du terrain.

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