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Les Sámi

La parole aux Sámi

  • L'artiste

 

Le terme Sámi

terme samiLe terme « Sámi » est un auto-ethnonyme (nom employé par une population pour se désigner elle-même). Selon les régions il peut-être traduit par les termes « Sámis », « Samés », « Sâmes » ou « Saami ».


Le terme « Lapon », parfois employé pour parler des Sámi, est un terme exonyme, c'est-à-dire, un nom employé par une population pour désigner une autre population.
Le mot « lapp », en suédois, signifie « guenille » ou « bout de chiffon ».
Dans son livre « Anta », Andréas Labba (1907-1970), l’un des premiers écrivains sámi, explique que « le mot lapon (d’origine finnoise) est à prendre dans un contexte péjoratif, voire injurieux, en particulier dans le contexte scandinave, (lapp : chiffon, guenille) par opposition au mot sabmi employé par les indigènes ».
Ernst Manker (1893-1972), ethnographe, spécialiste du peuple sámi, indique quant à lui que : « le terme lapon est un mot d’origine obscure. Il vient probablement du mot finnois lappi désignant les déserts de l’extrême nord. Par l’intermédiaire du suédois, le terme s’est étendu à toutes les autres langues » (extrait de l’ouvrage : « Les Lapons des montagnes suédoises » de Ernst Manker.)
Aujourd’hui le terme « Lapon » est délaissé au profit du terme « Sámi ».

Le Sápmi

Le peuple sámi, qui compte environ 100 000 personnes, vit au Sápmi, un territoire qui s'étend à travers le Grand Nord européen.
Aujourd'hui, suite à la colonisation, 4 pays se partagent le Sápmi : la Norvège, la Suède, la Finlande, et la Russie.

Les termes exonyme et auto-ethnonyme employés pour désigner le peuple sámi, sont également utilisés pour désigner leur territoire. 
Au mot « Laponie » parfois utilisé, les Sámi préfèrent ainsi les mots « Sápmi » ou « Sámieatna » qui désignent leur terre.

Activités principales

Le tri des rennesLes activités traditionnelles des Sámi sont la pêche, la chasse, la cueillette et l’élevage de rennes.
Aujourd’hui, 10 à 15% des Sámi vivent de l’élevage de rennes. Ils complètent souvent cette activité principale par une activité de tourisme, liée à leur culture et leurs traditions.
Plusieurs Sámi vivent de différentes activités liées à la culture sámi : la peinture, sculpture, musique, poésie, gravure sur différentes matériaux -tels que le bois, l’os, le cuir, l’étain, l’argent-, l’artisanat et la mode.
Enfin, d'autres personnes occupent des postes salariés ou des professions libérales.

Religion

Avant le christianisme, qui fut bien souvent imposé par la force –du 16ème au début du 19ème siècle-, les Sámi avaient leurs propres croyances. L’ancienne religion des Sámi était animiste, le culte, chamanique.
Selon eux, le monde était divisé en trois sphères : le monde souterrain, le monde réel, et le monde céleste. Chacun de ces mondes avait ses propres dieux et esprits. Les êtres humains et les animaux habitaient le monde terrestre et les morts habitaient le monde souterrain.

Culture sámi

Dès le début du XIXe siècle, les missionnaires chrétiens qui colonisèrent le Sápmi (terres ancestrales sámi) interdirent la pratique du Yoik, chant traditionnel sámi. Celui-ci était lié à la religion animiste des Sámi et lié à leur culte chamanique, puisque le tambour, utilisé lors du Yoik, était également utilisé par le chaman pour entrer en contact avec l’au-delà. 
Aujourd’hui le Yoik est à nouveau chanté.
Nils Aslak Valkeapää, écrivain, poète et musicien finlandais de culture sámi (1943-2001), Lawra Somby et Sara Marielle Gaup (du groupe sámi Norvégien Adjágas) et Mari Boine Persen, chanteuse norvégienne d’origine sámi ont notamment fait revivre ce chant. La musique de Mari Boine Persen associe par exemple Yoik et mélodies électro-accoustiques.
Les années 1970 ont été marquées par un engagement fort du peuple sámi pour préserver leur culture. Dans ce contexte est créée, en 1979, l’Association des Artistes Sámi.
En Suède des artistes sámi portent leur culture à l’échelle nationale et internationale, tel Lars Pirak (1932-2008) (artisanat, peinture, poésie, yoik), Britta Marakatt Labba (art textile), Ros-Marie Huuva (poète), Nils Nilsson Skum (1872-1951) (peintre) et Liselotte Wajstedt (réalisatrice). 
Un centre de formation à l’art et l’artisanat sámi a été crée à Jokkmokk (www.sameslojdstiftelsen.com)
Enfin, les Sámi ont leur propre drapeau, crée et adopté à l’occasion du 13ème séminaire du peuple sámi, qui eu lieu en Suède, en août 1986.
drapeau samiLes couleurs de ce drapeau rappellent celles du costume traditionnel sámi, appelé « Kolt ».
Ils ont également un hymne national et une journée nationale, fêtée le 6 février, en commémoration de la première réunion des Sámi qui eu lieu à Trondheim en 1917.

Les revendications

troupeau de Rennes chez les SamisLes Sámi revendiquent aujourd’hui des droits liés à leur terre et à leurs activités de pêche, de chasse et d’élevage de rennes. Ces activités sont en effet menacées par l’ouverture continue de mines de fer et de cuivre, par l’exploitation forestière qui laisse le sol irrémédiablement perdu pour la pâture des rennes ainsi que par un projet d’installation éolien en plein cœur du territoire Sápmi.
Bien qu’enseignées à l’école, leurs langues (elles varient d’une région à une autre) se perdent au profit des langues nationales. Les Sámi se battent donc continuellement pour leur sauvegarde et leur mise en valeur.
A l’échelle nationale, les Sámi ont, en Suède, Norvège et Finlande le droit de vote dans les parlements sámi. Il s’agit d’organisations gouvernementales mises en place par les gouvernements Suédois, Norvégien et Finnois à partir de 1993. Ces parlements permettent, entre autre, de faire remonter les revendications sámi à l’échelle nationale mais n’ont qu’un caractère consultatif. Actuellement, le site du Sametinget, le Parlement sámi en Suède indique que : « L’objectif global de la politique sámi est de travailler pour une culture vivante sámi et un élevage de rennes écologiquement durable ». (www.sametinget.se)


chant samiParmi ces luttes, des revendications ont abouties. L’interdiction de porter leurs costumes, de chanter le chant traditionnel sámi, appelé « yoïk » est enfin levée. Le chant est de nouveau pratiqué et le costume, appelé « kolt » porté lors de grandes occasions : mariages, anniversaires, baptêmes etc.
Les Sámi sont aujourd’hui reconnus par l’Union Européenne en tant que peuple autochtone et sont représentés à l’Organisation des Nations Unies. Il faut préciser cependant qu’à ce jour, la Suède, la Finlande et la Russie n’ont pas ratifié la convention 169 de l’OIT (Organisation internationale du travail), qui est le seul document juridiquement contraignant adopté par l’ONU au sujet des peuples autochtones.
Depuis janvier 2011, il est toutefois inscrit dans la constitution suédoise que les Sámi sont un peuple.

 

Un grand merci à

Annette Arrault et Pascal Descantes pour la coréalisation de cette page.  Conférenciers invités lors de la 6ème édition du Grand Bivouac, ils avaient présenté : la conférence : « Laponie, une année arctique » et l’exposition : « Sapmi, territoire Lapon ».  

Retrouvez Annette Arrault sur: viadeo grand bivouac

 

Survival France soutient le peuple Sámi :
www.survivalfrance.org/peuples/siberie

 


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