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Le Dalaï-Lama à la Maison Blanche, sans façons…

Mercredi, 03 Mars 2010

Dalaï-Lama et Barack Obama

Visite du représentant Tibétain au président des Etats-Unis Barack Obama : L'envers du décor...

A l’abri des caméras de télévision et des appareils de photos, le président Barack Obama a reçu le Dalaï-lama à la Maison Blanche, en dépit des vitupérations chinoises.

A en croire un communiqué de presse aussi sibyllin que lapidaire, ils se sont entretenus trois quarts d’heure durant du Tibet, de la situation sur place et des droits de l’homme. Et le ciel n’est pas tombé sur la tête des dirigeants du parti communiste chinois ?

 

Pourtant, on pouvait craindre le pire pour eux, avec tout le vacarme médiatique, la vague d’avertissements et de remontrances, de menaces même pas voilées orchestrés pour conjurer ce mauvais sort. Et puis rien, à peine une tempête dans un verre d’eau…

Certes, la rencontre a été méticuleusement chorégraphiée, pas de vaines discussions avec la presse au sortir de la résidence, juste quelques photos volées en attendant la photo officielle

– une seule, soigneusement choisie et laissée à la libre interprétation de chacun, et comme pour détendre une atmosphère empesée, un geste malicieux une mini-boule de neige à la main envers les journalistes conviés à venir un peu plus tard en un lieu plus accueillant poser des « questions pas stupides ». Tout de même le temps d’apercevoir des sacs poubelles empilés sur le bas-côté de l’allée empruntée par le petit groupe…

 

Le Dalaï-Lama face aux poubelles de la maison blanche....Laisser des invités sortir par une porte de service pour ne pas froisser davantage de lointaines susceptibilités mal placées

– décidément, les bonnes manières se perdent même à la Maison Blanche ! Le leader tibétain exilé ne s’en est même pas formalisé : il ne mange pas de ce pain-là. Le lendemain, il a déclaré comprendre la situation délicate dans laquelle se trouvait son hôte américain face aux suspicions de ses partenaires chinois. Mais au fait, ceux-ci doivent se mordre les doigts : s’ils ont obtenu grâce à tout ce tapage un service minimum à huis clos, qui donc les informera avec certitude des propos échangés entre les deux interlocuteurs ? Serait-ce pour tempérer l’effet malencontreux de ces mines offensées qu’un porte-avions américain a été parallèlement autorisé à mouiller dans le port de Hong Kong ? A Washington, les responsables américains s’en tirent  à peu de frais autant auprès de leur opinion publique qu’auprès de ceux – et ils sont nombreux – qui espéraient un geste fort en faveur d’une cause et d’un peuple dont le sort compte pour l’ensemble du monde. Reste à voir ce qu’il adviendra au-delà des mots une fois retombée la poussière de « l’événement »…