Mes sept premiers mois parcourus, sur sept ans de voyage. Par mon projet, par mes envies, par ma philosophie du voyage, je n'ai pas vu beaucoup d'endroits en Amérique latine - et les voyageurs qui viennent "faire" l'Amérique latine en trois mois ont probablement vu beaucoup plus de lieux et de paysages que moi.
Mais j'ai appris à connaître et à aimer les lieux où j'ai posé mon sac et mes godasses. En nouant des amitiés, en nouant des complicités, une relation intime et passionnée avec certaines villes comme Valparaiso ou Buenos Aires. Je suis "content" de ne pas (encore) avoir vu la Patagonie, les chutes d'Iguazu, Torres del Paine, Rio ou Montevideo - car cela m'a permis de découvrir Isabel, Aline, Gorgio, René, le Sairecabur, les saltenas de la petite vendeuse du coin de la rue, des livres trouvés par hasard ou tout simplement, car cela m'a permis de me poser des heures et des heures sur un banc de Valparaiso face à l'Océan Pacifique, sans rien faire de spécial, sans avoir à me presser pour enchaîner sur ma prochaine étape.
J'aime ce genre de voyage. "Slow travel" disent certains - mais l'expression est horriblement laide, et n'a pas grand sens en Français. Je préfère penser que j'ai retrouvé l'essence et l’étymologie du mot "voyage" - du latin via ("route"), comme pour dire qu'un voyage, c'est simplement prendre un certain chemin, sans avoir à se préoccuper des kilomètres ou d'une liste à cocher pour dire : j'ai été ici, là - j'ai fais ci, ça, et prendre le temps de savourer le chemin parcouru et à parcourir.
Pour Mediareporter, le chemin parcouru est déjà conséquent. Le blog et le site ont été mis en place, l'écriture a déjà changé, les photos ont gagné en qualité, les réflexes et le savoir-faire de journaliste ont grandi, l'expérience s'est accumulée à une vitesse folle ; et je suis déjà une toute autre personne. J'ai fais beaucoup, beaucoup d'erreurs ces premiers mois - et c'est une excellente chose pour avancer.
Exemple d'article Mediareporter : Mediareporter : L’or oublié d’Evo Morales, un nouveau reportage au cœur des mines d’or de Bolivie
Car le chemin à parcourir est encore long. Assurer un rythme de parution, trouver des abonnés avant qu'il ne soit trop tard (tel quel, je vais devoir arrêter mon projet dans un an si je n'arrive pas à faire rentrer plus d'argent), satisfaire les exigences de qualité que je me suis fixé (j'en suis encore loin), arriver à séduire et à convaincre les acteurs de la presse traditionnelle… les 77 prochains mois risquent de passer à une vitesse folle et le travail à abattre ressemble à l'Everest - mais j'ai la "chance" de me dire qu'aujourd'hui, ma vie, mon travail, mon plaisir et mon bonheur ne font qu'un.
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