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Devenir Bénévole

Chaque mois retrouvez le récit de Christopher Chriv, parti pour 7 ans faire le tour du monde

Mercredi, 06 Juillet 2011

Drapeau-vignetteChristopher Chriv raconte : Vies et visions, c'est l'hiver à Buenos Aires.

 

 

 

 

 

C'est l'hiver à Buenos Aires.

Le froid, la pluie, les gros manteaux et les bonnets contrastent avec la fièvre qui s'est emparée du pays. C'est le football, c'est la COPA AMERICA ! L'évènement sportif le plus important en Amérique latine après la Coupe du Monde; l'équivalent de notre Euro de foot.

Dans les rues, on croise des supporters venus de tous les pays du continent ; des Vénézuéliens et des Brésiliens chantent et se chamaillent joyeusement dans les rues, bientôt rejoints par des Argentins moqueurs et débordant de confiance. Ils ne resteront pas longtemps comme ça : le 1-1 d'Argentine x Bolivie a été vécu comme une véritable honte nationale.

Alors déjà, la fièvre retombe - et l'on se cherche d'autres passions pour éviter de trop espérer cette victoire que l'on attend depuis deux décennies. La politique, tiens : c'est bientôt les élections nationales et les rues sont parsemées de drapeaux de partis, de militants et de bus-concerts où poussent des chants nationalistes ou communistes.

Mais même la politique a son gros lot de désillusionnés, ceux qui ne croient plus en rien, ne voient que l'extrême corruption et l'incompréhensible drapeauinefficacité des décideurs du pays. L'inflation (partout), les détournements de fonds (récurrents) ou la course folle du chômage, sape le moral de la majorité des Portenos, ce joli nom que l'on donne aux habitants de Buenos Aires.

Il y en a qui me confient vouloir partir au Mexique, où les opportunités dans les télécoms explosent ; il y en a d'autres, qui se mettent à suivre la mode et apprendre le Chinois ; et il y a ceux qui, enfin, se rapprochent de plus en plus de l'Iran - jugé partenaire acceptable et accepté, de plus en plus présent sur le continent et vu comme l'une des principales alternatives aux Européo-américains.

Tout m'intéresse, tout me fascine ici ; il y a des milliers de sujets de reportages à faire et j'ai bien du mal à me concentrer sur celui que j'ai choisi, à savoir le monde du football argentin. A priori tout à fait banal et ennuyant, le sujet révèle un pan très méconnu de la société argentine, celui des « élevages » de jeunes joueurs de football qui souvent, sont d'avantages perçus comme de possibles mannes économiques que comme des enfants jouant à un sport. Ca pousse aux dérives, des blessures médicales jusqu'à de véritables trafics humains en passant par les cases « travail infantile » et « misère sociale ». Des jeunes joueurs de 9 ou 11 ans se retrouvent à vivre seuls dans la capitale, éloignés de leurs parents qui sont restés vivre à 1800 km de la capitale ; tout ça pour jouer au foot.

Et que deviennent-ils s'ils n'arrivent pas à satisfaire les exigences des recruteurs ou des entraineurs ? C'est l'heure du reportage !


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