
Olivier Herviaux - Africamix, la case à palabres
Olivier Herviaux, journaliste au quotidien Le Monde (Paris), a créé le blog Africamix. Présentation.
Bonjour Olivier,
Quelles ambitions pour Africamix ?
Oh ! « Ambitions » est un bien grand mot pour Africamix. « La case à palabres »" propose un regard différent, de la culture à la politique, de Dakar à Bossasso, de Paris au Cap.... Trilogie « africamixienne » : voyages, rencontres, récits.... La togouna, "abri des hommes" en dogon, ou case à palabres est présente dans chaque village dogon, au Mali. C'est à l'intérieur que les hommes du village, généralement les anciens, se réunissent pour parler des affaires de la communauté, assis ou allongés. Idéalement supporté par huit piliers, en référence au nombre des premiers ancêtres, le toit est fait de plusieurs couches de paille de sorgho ou de mil. Dessous, sa faible hauteur permet de créer un espace ombragé et relativement frais, et oblige les hommes à se courber en y entrant, et ne permet pas de s'y tenir debout. Elle interdit aux participants des palabres de s'emporter : si l'on s'énerve, on risque de se cogner la tête... C'est la case à palabres qui a donné le sous-titre d'Africamix : une case d'aujourd'hui, ouverte à tout le monde : femmes, hommes et enfants. Une case ouverte au monde, où l'on vient pour s'y parler, confronter ses idées, échanger.... Connaître ses racines pour mieux appréhender les autres, la route, aujourd'hui et demain.
Africamix propose, chaque semaine, plusieurs articles sur l'actualité du continent africain. Comment faites-vous pour être partout à la fois ?
Hé hé ! C'est un peu le secret de fabrication d'Africamix. Plus sérieusement, au cours de mes pérégrinations sur le grand continent, j'ai eu la chance de rencontrer de nombreuses personnes. Certaines sont devenues en quelque sorte des vigies, que je joins par téléphone de temps en temps, ou que je revois lors de mes déplacements. Ainsi, grâce aux différents « fils » d'agences de presse, à des publications papier ou Web, à Twitter et aux contacts du terrain, j'essaie de donner une information qui, je l'espère, sort un peu du « mainstream », du grand courant habituel. Pour chaque « papier » d'Africamix, il est précisé dès le début d'où il est écrit. La localisation me semble importante. On n'écrit pas pareillement si on le fait de Paris, Dakar, Bamako ou Ouaga.
Qu'est-ce qui vous a poussé à découvrir l'Afrique ?
Cette histoire est un peu longue, mais je vais essayer d'écrire court. Après mes études de journalisme, j'ai fait une licence d'ethnologie, avec deux unités de valeur en particulier : les Kanaks et les Mandingues. Puis je suis parti en Nouvelle-Calédonie et au Mali pour confronter mes connaissances livresques aux réalités du terrain. Pour le Mali, j'avais la chance de connaître le directeur de la photo des premiers films de Souleymane Cissé. Grâce à cet ami, j'ai pu entrer en contact avec la grande famille Cissé. Puis, j'ai passé pendant quatre années les étés au Mali. Enfin, en 1992, 1993 et 1994, j'ai travaillé à titre privé, et non en étant coopérant, tout en vivant dans cette grande famille, pour la Coopérative de presse privée Jamana en tant que journaliste. Je tiens à souligner que j'étais employé comme un journaliste malien : même droit, même devoir, même salaire. Enfin, j'ai « nomadisé » quelques mois entre le Bénin, le Togo, le Burkina et le Sénégal, avant de rentrer en France.
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