Le Bivouac Café est aussi un lieu de débat et de réflexion, pour se poser les bonnes questions autour du voyage.
Parole à Gérard Guerrier, Directeur Général d’Allibert et responsable de la commission sécurité ATT-ATR, répondant au projet de loi de Bernard Kouchner sur le remboursement des frais de secours dans les pays « à risque ».
« Touristes reponsables et donc coupables !
L’Assemblée nationale étudie en ce moment même le projet de loi déposé au Sénat, le 22 juillet 2009, par M. Bernard Kouchner et particulièrement les articles 13 et 14.
Ce projet de loi est supposé « responsabiliser les ressortissants français s’engageant… dans des zones dangereuses, en dépit des mises en garde »… En « ouvrant la possibilité pour l’Etat d’exiger… le remboursement de tout ou partie des frais induits par des opérations de secours ».
Ce projet me paraît à la fois démagogique, de circonstance, inopportun, et, compte tenu de sa rédaction, susceptible de fragiliser l’activité de tour-opérateurs adeptes d’un tourisme dit d’aventure, mais surtout d’un tourisme responsable.
1. Ce texte introduit la notion de « citoyen responsable » (qui sera secouru gratuitement) et celle de « citoyen irresponsable » (qui devra payer). Cette notion même pose un problème d’équité. Un touriste secouru dans le désert mauritanien ou algérien sera considéré comme irresponsable et devra payer ses secours, alors qu’un navigateur démâtant au large du Chili lors d’une course en solitaire, un skieur extrême s’engageant sur une pente à 50°, un automobiliste, hors la loi, ayant dépassé la limite de vitesse ou en état d’ivresse, seront secourus gratuitement.
2. Ce texte est de circonstance, même si ces circonstances datent un peu. Il a été rédigé à la va-vite à la suite de l’affaire du Tanit (skipper enlevé et tué en Somalie) et l’enlèvement d’un touriste individuel dans le Sud-Ouest pakistanais. Ces affaires, alors médiatisées, sont rarissimes et ne justifient pas une loi. Si l’Etat veut faire des économies, il doit y avoir mieux à faire. S’il veut responsabiliser les professionnels, ce n’est vraiment pas la peine, nous le sommes très largement comme le prouve notre histoire !
Dans la même lignée, on peut se poser la question : A quoi sert un Etat s’il n’est plus capable d’assurer en France et à l’étranger la sécurité de tous ses citoyens ?
3. La notion de « mise en garde » est pour le moins fumeuse ! On suppose qu’il s’agit des mises en garde du Quai d’Orsay. Or, la majorité des pays font l’objet de mises en garde du Quai d’Orsay, y compris la Norvège où l’on met en garde le touriste sur la pratique de la montagne (et pourquoi pas de la baignade en eaux froides !).
A titre d’exemple, voici une liste de quelques pays/régions marqués en « orange » (formellement déconseillé sauf raison professionnelle impérative) ou « rouge » (formellement déconseillé) par le Quai d’Orsay.
•   L’ensemble de l’Algérie (y compris le Sud algérien, tassili N’Ajjer, parcouru chaque année par des milliers de touristes, amoureux du désert, sans aucun souci, depuis de nombreuses années).
•   La Mauritanie : en rouge et en orange depuis l’attentat de décembre 2007 et l’annulation du Paris-Dakar. Dans le massif de l’Adrar (Atar), on ne connaît pourtant aucun incident.
•   Le Ladakh et le Zanskar au nord de l’Inde : un haut lieu du trekking où on ne connaît pas d’incident susceptible de remettre en cause notre activité.
•   Les montagnes du Harraz au Yémen où on ne connaît aucun incident depuis de nombreuses années.
•   L’est de la Turquie (Ararat).
•   Le secteur de l’Elbrouz (Russie) où nous envoyons des groupes sans problème depuis plusieurs années, etc.
A l’inverse, certains pays comme l’Egypte, le Venezuela, le Kirghizstan bénéficient d’une mansuétude surprenante ! Pour l’anecdote, on notera que la Corse et les banlieues françaises font l’objet de « mises en garde » de la plupart des sites gouvernementaux étrangers.
Les avis du Quai d’Orsay, souvent inégaux, partiels, sont loin d’être la seule référence pour les professionnels, en matière de sécurité et ne peuvent être la référence en matière de loi. Le site est de qualité très inégale en effet, les mises à jour sont souvent faites avec du retard, les pays ne sont pas traités également, les cartes (ex. : Pérou) sont souvent fausses et ne correspondent pas au texte. Nous complétons heureusement nos informations par un abonnement auprès de sites d’autres pays, souvent plus sérieux (Royaume-Uni, Allemagne, etc.), d’instituts spécialisés (ex. : Sécurité Sans Frontière), de nos partenaires locaux, de nos contacts formels et informels avec les employés d’ambassade, les gouvernements étrangers, et de nos missions sur le terrain (ex. : Ethiopie, Mauritanie, Yémen, Algérie, etc.).
4. La notion même de « motif légitime » pose problème… Est-il vraiment possible d’établir une hiérarchie de la légitimité entre le touriste occasionnel, le passionné du désert, le volontaire d’une ONG, l’étudiant stagiaire, le journaliste free-lance, le géophysicien travaillant pour une société étrangère ?
L’adoption de ce texte improvisé, pointant du doigt les tour-opérateurs pratiquant le tourisme responsable, risque d’entraîner progressivement la désaffection de destinations sans risque objectif, mais avec un véritable risque juridique et financier… Ce sera alors la mort de la Mauritanie, du désert algérien, etc. où l’activité des randonneurs représente la seule activité (un trekkeur voyageant une semaine dans l’Adrar fait vivre un Mauritanien pendant un an) pour les populations. Pour survivre, celles-ci n’auront d’autres choix que se rallier aux trafiquants et terroristes qui ne demandent qu’à se développer.
Il est sans doute trop tard pour arrêter la machine gouvernementale et législative. On peut regretter cette improvisation qui dure depuis près d’un an ! Si ce texte vise vraiment les agences de voyages et les touristes, comme l’a précisé monsieur Kouchner, on aurait apprécié que le Quai d’Orsay se rapproche des opérateurs qui travaillent régulièrement sur le terrain dans les zones « déconseillées » depuis des années, en toute responsabilité et sans incident majeur ! Notre avis vaut bien celui de fonctionnaires qui changent de poste tous les deux ou trois ans et qui, souvent, ne voient leur pays d’accueil que par Internet interposé et leurs résidences « bunkerisées ».
G.Guerrier, Directeur d’Allibert, répond à B.Kouchner
9 juillet 2010Xavier Van der Stappen au Cap!
9 juillet 2010
Après un voyage de 12 000 km couvert en moins de 4 mois, 25 présentations de l’exposition et du prototype dans 16 pays africains et européens, 27 jours de sensibilisation dans les écoles et les universités, les centres culturels, les maisons des jeunes, les associations…
Xavier Van der Stappen est bien arrivé à Cape Town, le but géographique du voyage.
Un voyage pour promouvoir l’écomobilité et sensibiliser les populations des pays traversés aux technologies photovoltaïques, et aux énergies renouvelables d’une manière générale.
Pari réussi pour Xavier et son prototype, qui quittera Pretoria le 11 juillet pour regagner sa Belgique natale.
Une Maison pour les aventuriers solidaires
25 juin 2010
La Maison des Aventures (LMDA) est une association d’intérêt général créée en préfiguration d’une fondation. Sa mission :
Créer, à Paris, une maison internationale dédiée aux aventuriers, aux explorateurs, aux acteurs humanitaires, aux protecteurs de l’environnement et à tous ceux sensibilisés au développement durable. La Maison des Aventures se destine à être une véritable plateforme et vitrine des « aventures solidaires » menées dans le monde.
Pour appuyer la définition de son objectif, La Maison des Aventures se fonde sur cinq valeurs principales : transmettre des savoirs, valoriser ceux qui agissent, susciter des vocations, offrir du rêve, associer culture(s) et solidarité.
Ce projet vise à réunir, au sein d’un même espace, le rêve, la vocation et le savoir faire, révélés par le voyage et les échanges avec les populations du monde tout en favorisant la découverte et la compréhension des enjeux de notre planète. Il s’adresse à tous ceux qui voient dans l’aventure solidaire un vecteur de rencontre et de construction d’une société intégratrice et interculturelle.
Vous êtes un acteur solidaire (au terme de LMDA, un aventurier, un explorateur, un acteur humanitaire, un protecteur de l’environnement ou encore sensibilisé au développement durable), vous souhaitez suggérer des idées ou des contacts, vous joindre à notre équipe ou nous évoquer un de vos projets solidaires…?
Alors, venez nombreux au Six-Huit de LMDA : c’est à la fois un lieu, au centre de Paris – une péniche-bar amarrée devant Notre-Dame, quai Montebello, – et aussi deux heures (entre 18 h et 20 h) que l’association veut consacrer, une semaine sur deux, à ses sympathisants.
Le prochain Six-Huit de LMDA est prévu le mercredi 30 juin. Les suivants : les 8 et 22 septembre.
>> visiter le site web de LMDA (prologue)
A/R : LE nouveau magazine voyageur !
25 juin 2010Le 18 juin en kiosques, découvrez
le tout premier numéro de A/R (prononcer « Aller/Retour »), magazine voyageur ! Un aller-retour bimestriel qui donne envie de voyager près de chez soi comme aux antipodes, qui s’intéresse aux destinations improbables, aux galères qui pimentent les voyages, aux voyageurs ayant trouvé leur eldorado, un magazine qui accorde une place de choix au tourisme durable.
Au sommaire : des rubriques inédites, des interviews décalées, des bons plans impertinents, des thématiques tabous, des grands voyages pour fuir la crise, des coups de gueules durables et écolos…
Pour ce premier numéro, vous retrouverez :
• Tourista : ces lieux que les guides adorent et les touristes moins
• Pétaouchnok : mais qu’allait-il faire dans cette galère ?
• Le guide du queutard : sac à dos et libido
• L’entretien : Dominique A, l’appel du Groenland
• + durable : 20 pages d’actus et idées de voyages écolos
• Des reportages pas comme les autres : la nationale 7 a un goût d’Amérique, Istanbul trempe dans un bouillon de culture, les Carpates à pied ça use les souliers…
A l’origine de ce lancement, Sandrine Mercier, productrice à France Inter de l’émission dominicale « Au détour du monde », mais aussi Christophe Migeon, reporter photographe pour Le Point, L’Equipe magazine et RoadBook, Michel Fonovich, auteur de guides de voyage Michelin, et Albéric d’Hardivilliers, directeur artistique et écrivain-voyageur. On leur souhaite bonne route !














